Le 4 août 1914 l’Allemagne envahit la Belgique et le Luxembourg, et très vite par le jeu des alliances le conflit devient mondial.

 

 

 

 

Les pertes humaines de cette première guerre mondiale s'élèvent à environ 18,6 millions de morts. Ce nombre inclut 9,7 millions de morts pour les militaires et 8,9  millions pour les civils. Chacun des deux camps perd plus de 9 millions de vies.

 

 

Lorsque le conflit éclate, tous les gouvernements tablent sur une guerre courte, mais leurs plans sont déjoués et dès 1915 les soldats s'installent dans une guerre de position (600 kilomètres de tranchées sont ainsi creusées).

    La population rencontre des difficultés pour se nourrir, surtout en ville. Ce conflit a généré des changements très importants qui perdurent toujours aujourd'hui :

 

 

le travail féminin s’impose pour remplacer les hommes partis au front. Pour la 1ère fois les femmes exercent une activité salariée reconnue qui se substitue à leur rôle traditionnel de mère au foyer.

 

 

 

 

    Dans les campagnes, les travaux étaient assurés par les femmes, les anciens et les enfants.

 

une politique économique dirigiste se met en place. Dans tous les pays impliqués dans le conflit, les besoins militaires nécessitent une intervention grandissante de l'état dans l'économie, qui rompt avec la tradition libérale qui prévalait jusque-là.

 

Les gouvernements organisent les commandes militaires auprès des grands industriels (exemple en France, Renault pour la construction des chars d'assaut). Cette première expérience de dirigisme incite les gouvernements à rester très impliqués dans la vie économique après la fin de la guerre

 

 

En FRANCE,

     Près de 1,4 millions de militaires et 300 000 civils sont morts pour le département de la MANCHE ce sont environ 20 000 soldats qui ont été recensés "morts pour la France". C'est suite à cette guerre qu'en France les monuments aux morts sont mis en place afin de rendre hommage aux nombreux soldats tombés pour la patrie : 30 000 monuments sont construits entre 1918 et 1925.

 

 

A NICORPS,

    La décision de la création du monument aux morts date de 1919. Le financement à hauteur de 2 200 francs est couvert par une souscription et un complément de 500 francs prélevé sur le budget communal. Dans la commune qui comptait, en 1911, 263 habitants, le nombre de soldats tués au front s'élève à 15 soit :

 

Armand CAILLARD (82 – 17)   - 35 ans

François Coulomb (75 - 15)     - 40 ans

Léon Duval (89 - 15)                 - 26 ans

Albert Folliot (83 -15)              - 32 ans

Auguste Fouchard (95 -15)     - 20 ans

Émile Fouchard (93 - 16)         - 23 ans

Jules Gardin (84 -16)                - 32 ans

Joseph Halley (98 - 18)            - 20 ans

Léon Hamel (93 -14)                - 21 ans

Georges Lecaudey (96 - 18)    - 22 ans

Louis Legallais (74 -15)            - 41 ans

Auguste Lhuillier (73 -15)       - 42 ans

Jules Ménard (76 - 15)             - 39 ans

Alphonse Mulot (74 - 15)        - 41 ans

 

Eusèbe PERIER (82 - 14)          - 32 ans

    La moyenne d'âge des morts de 31 ans, implique que la majorité de ces soldats laissaient derrière eux des épouses et des enfants.

 

Au travers des différents courriers dont vous trouverez une copie dans les pages suivantes, vous pourrez vous rendre compte de l'état d'esprit et des conditions de vie des militaires, ainsi que des personnes avec lesquelles ils échangeaient. Ainsi vous découvrirez : 

 

Un courrier d’Alphonse MULOT à son neveu Georges LHULLIER.

Georges LHULLIER est le fils d’Auguste LHULLIER, soldat sur le front également. Alphonse MULOT en lui parlant de son père écrit à son filleul : "j'ai reçu des nouvelles, il est un peu plus heureux que moi et moins exposé".

Alphonse MULOT, l’auteur du courrier, décédait le 8 mars 1915 et Auguste LHULLIER le 31 juillet de cette même année. Ainsi ce jeune garçon de 12 ans Georges LHULLIER perdait en quelques mois son père et son parrain. Dans son courrier ce soldat résume l'état d'esprit de la majorité des militaires au début du conflit: "c'est beau et triste à la fois, d'être sur le front, mais le devoir avant tout".

 

 

 

 

  

 

Un courrier d'un militaire, destiné à Mademoiselle LECLUZE, qui relate les circonstances du décès d'Auguste LHULLIER (photo ci-dessous située à gauche)

     Le curé de Nicorps à cette époque "l'abbé LECLUZE" avait deux sœurs qui étaient très impliquées au côté de leur frère. Elles intervenaient très régulièrement au sein des familles de la commune et Mademoiselle Aimée LECLUZE était l'une d'elles.

 

 

Un autre courrier, de Georges LHULLIER à son père. (photo ci-dessous située à droite) 

 

    Au travers de ce courrier, il émet le souhait que son père rentre du front afin que lui, puisse être à nouveau scolarisé.

 

La photo située en bas représente une assemblée dans la commune de Nicorps.

Un courrier d'un soldat de Nicorps "Armand LECAPLAIN"

 

Sa famille ne maîtrise pas l'écriture, aussi sa correspondance se fait par l’intermédiaire du curé. Incorporé en octobre 1914, après une période de captivité en Allemagne, il est libéré en juillet 1919

Merci aux familles LHULLIER, LAVIELLE, MULOT, LECAPLAIN, BUTOT, qui ont bien voulu nous confier les documents relatifs à leur famille.